Une 6e édition autour du thème « Dégustations Musicales »
Le Festin d’Alexandre, ensemble de musique ancienne de Niort, vous donne rendez-vous, autour de la Sainte Cécile, DU 14 AU 29 NOVEMBRE pour une sixième édition de NIORT CLASSIQUE FESTIVAL.
Nous avons le plaisir de vous proposer un programme original sur le thème « Dégustations Musicales », avec de nombreux artistes et solistes invités.

INAUGURATION
Menu Dégustation entre amis
Concerti Grossi en trois chefs-d’œuvre
Bienvenue à notre dialogue musical, où l’art du concerto grosso se transforme en haute cuisine !
Les concerti grossi, forme instrumentale typique de l’époque baroque, opposent un petit groupe soliste – concertino, à l’ensemble – ripieno. C’est l’art du contraste : intimité et puissance, improvisation et écriture dite « obligée ». Ce programme met en lumière trois approches du genre, signées par Avison, Corelli et Haendel, trois voix qui, chacune à sa manière, ont façonné le paysage musical européen du XVIIe–XVIIIe siècle.
Concerto grosso n°3 en ré mineur — Charles Avison
Charles Avison (1709–1770), figure centrale de la vie musicale anglaise, s’est inspiré des maîtres italiens tout en affirmant sa propre couleur expressive. Le n°3 en ré mineur se distingue par sa tension dramatique en des mouvements contrastés : le concertino souvent dialogue en petites cellules mélodiques qui rebondissent au ripieno, créant un flux dramatique soutenu pour des épisodes où s’alternent lyrisme et virtuosité.
Concerti Grossi, Op. 6 (extraits)— Corelli
Arcangelo Corelli (1653–1713) a codifié le concerto grosso tel qu’on le connaît. Son opus 6 est l’exemple parfait d’un art du contrepoint poli et d’une expression mesurée : lignes claires, phrasés chantants et maîtrise du rythme qui favorise l’équilibre entre solistes et orchestre. Les extraits choisis mettent en valeur la pureté du style corellien et sa capacité à mêler sévérité formelle et charme mélodique.
Concerto grosso Op. 6 n°7 HWV 325 — Georg Friedrich Haendel
Haendel (1685–1759) – cosmopolite, enrichit le genre par son sens dramatique et son orchestre chatoyant. L’opus 6 n°7, vif et coloré, conjugue danses, fugues et épisodes virtuoses. Sa force réside dans la variété des textures et la capacité à faire dialoguer motifs puissants et instants de tendre lyrisme.
Le Festin d’Alexandre vous invite à prolonger l’écoute du concert par un échange pétillant !
Violon – Anne-Violaine Fardet, Zuzana Branciard, Kumiko Wada et Camille Courroux, Alto – Solenne Burgelin, Violoncelle – Xavier Richard, Contrebasse – Jacques-Alexis Marcon, Clavecin – Jean-Miguel Artizabal
SAMEDI 14 NOVEMBRE — 20h
Salon de l’Hotel de Ville – Niort (79)
Ouverture des portes et accueil billetterie 30 minutes avant le concert

MAITRES DU QUATUOR
Un voyage musical entre lumière, équilibre et passion.
À la fin du XVIIIᵉ siècle, le quatuor à cordes devient l’un des laboratoires les plus raffinés de la pensée musicale européenne. Dans cet espace réduit à quatre voix, les compositeurs explorent avec une liberté nouvelle les principes de l’équilibre, du dialogue et de la forme. Plus qu’un simple genre instrumental, le quatuor apparaît alors comme une microsociété sonore, où chaque instrument possède sa propre individualité tout en participant à une architecture commune.
Ce programme réunit trois figures majeures de cette aventure : Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven. Trois générations, trois regards, mais une même fascination pour la capacité du quatuor à transformer quelques motifs en un univers d’émotions et de significations.
Le Quatuor « Le Lever du soleil » op. 76 n°4 de Haydn nous invite à contempler l’une des images les plus célèbres de la musique instrumentale. Dès les premières mesures, un thème s’élève progressivement au-dessus d’un tapis harmonique immobile, évoquant l’apparition lente de la lumière à l’horizon. Ce geste musical, d’une simplicité presque cosmique, illustre le génie de Haydn : faire naître une émotion universelle à partir de moyens d’une remarquable économie. Derrière la poésie de cette aurore sonore se révèle également une maîtrise exceptionnelle des formes et des équilibres qui fera du compositeur le véritable père du quatuor à cordes.
À seulement 17 ans, Mozart compose son Quatuor n° 6 en si bémol majeur KV 159 à Milan en 1773. Loin d’être une simple pièce de jeunesse, ce « quatuor milanais » surprend par son mouvement central : un Allegro en sol mineur fougueux, dramatique et plein d’énergie, entouré d’un Andante d’une grande élégance et d’un Rondo final très joueur. Un condensé de fraîcheur et d’audace italienne !
Avec le Quatuor en si bémol majeur op. 18 n°1, Beethoven s’inscrit encore dans l’héritage de Haydn et de Mozart tout en annonçant déjà les bouleversements du romantisme. Derrière l’élégance classique de la forme se dessine une intensité dramatique nouvelle. Le mouvement lent, inspiré selon le compositeur par la scène du tombeau de Roméo et Juliette, suspend le temps dans une méditation d’une rare profondeur. La matière musicale semble s’y contracter et s’y dilater comme un organisme vivant, révélant la capacité de Beethoven à faire du quatuor le théâtre des passions humaines.
Entre science de l’écriture et puissance de l’imagination, ces trois œuvres témoignent d’une même quête : transformer les lois de l’harmonie, du contrepoint et de la forme en une expérience profondément humaine. Dans le dialogue des cordes se rencontrent alors raison et émotion, architecture et poésie, comme si la musique cherchait à donner une voix sensible aux mouvements les plus subtils de la pensée.
Ce moment sera suivi d’un buffet en compagnie des musiciens.
Le quatuor à cordes du festin : Violon – Anne-Violaine Fardet et Zuzana Branciard, Alto – Solenne Burgelin, Violoncelle – Xavier Richard
DIMANCHE 15 NOVEMBRE — 17h
Auditorium du musée de Niort (79)
Ouverture des portes et accueil billetterie 30 minutes avant le concert

Arcangelo CORELLI
Sonates pour deux violons et basse continue
Figure majeure du baroque italien, Arcangelo Corelli a profondément marqué l’histoire de la musique par l’élégance de son écriture et l’équilibre de son langage. Violoniste virtuose admiré dans toute l’Europe, il a contribué à fixer les formes de la sonate et du concerto, influençant durablement des compositeurs tels que Vivaldi, Haendel ou Bach. Les sonates pour deux violons et basse continue révèlent tout l’art de Corelli : un dialogue subtil entre les deux instruments solistes, où imitation, complémentarité et virtuosité se déploient avec une remarquable fluidité. Loin d’une démonstration purement technique, ces œuvres privilégient la clarté du discours, la richesse harmonique et une expressivité toujours empreinte de mesure.
La basse continue, véritable fondement de l’esthétique baroque, ne se limite pas ici à un simple accompagnement. Interprétée par la viola da spalla, le clavecin et l’orgue positif, elle soutient, colore et anime le discours musical. La chaleur du timbre de la viola da spalla – basse tenue à l’épaule, se mêle aux sonorités complémentaires d’un clavier ou l’autre, offrant une palette de couleurs variée qui met en valeur la finesse de l’écriture de Corelli.
La Sonate du festin : Violon – Anne-Violaine Fardet et Zuzana Branciard, Viola da Spalla – Solenne Burgelin, Orgue/Clavecin – Cédric Burgelin
SAMEDI 21 NOVEMBRE — 20h
Temple Protestant – Niort
Ouverture des portes et accueil billetterie 30 minutes avant le concert

SOBRES SAXONS
A la lueur d’une bougie
Les principautés saxonnes et le nord‑de l’Allemagne des XVIIe–XVIIIe siècles ont produit une musique de chambre où l’intériorité prime : motifs tissés, contrepoints resserrés et expressivité retenue qui se prêtent parfaitement à une ambiance des plus tamisée et témoignent d’une esthétique où contrepoint exigent se mêle avec expressivité intime. Sur le plan structurel, ces pièces exploitent la forme du trio en alternant textures à deux et trois voix, jeux d’imitation et épisodes homorythmiques : l’architecture, rigoureuse, sert une parole musicale tournée vers la dévotion, la méditation et la modulation expressive.
Dieterich Buxtehude, maître de l’orgue et de l’architecture musicale, dont l’écriture impose une profondeur liturgique aux petits ensembles, irrigue le langage de chambre par ses fugues serrées ponctuées de cadences qui prolongent l’écho du sermon, mêlant rythme entêté, gravité réformiste et richesse harmonique.
Carl Heinrich Graun – fin mélodiste, privilégie la ligne chantante : ses motifs simples se déploient avec une clarté presque vocale, révélant une sensibilité galante côtoyant le sérieux religieux. Des thèmes d’une élégante simplicité, lisière du cantabile vocal.
Heinrich Biber, virtuose et explorateur instrumental, fait surgir des inflexions timbrales et des ornements qui transforment la virtuosité en discours contemplatif, bien qu’associé au violon, l’alto tient une grande place dans le répertoire qu’il nous laisse, d’une grande intensité spirituelle et d’une dévotion totale.
Placées sous une lumière de bougie, ces œuvres redonnent toute leur dimension humaine : on écoute le souffle, les silences, la fragilité des nuances. Écouter ces sonates en trio, c’est accepter un recentrage de l’audition. La musique cesse d’être simple objet d’ornement pour devenir expérience de présence — un dialogue ténu entre instruments, espace et auditeur, où chaque ornement et chaque soupir racontent l’histoire d’une foi musicale sobre mais résolument dévouée. Ce concert est une invitation à ralentir, à se laisser habiter par des lignes pures et par la chaleur d’une musique qui ne cherche pas l’éclat mais la vérité.
Rencontre avec les musiciens à l’issue de la soirée.
La Sonate du festin : Violon – Anne-Violaine Fardet, Alto – Solenne Burgelin, Viole de Gambe – Eleanor Lewis Cloue, Orgue/Clavecin – Cédric Burgelin
DIMANCHE 22 NOVEMBRE — 16h
Temple Protestant – Niort
Ouverture des portes et accueil billetterie 30 minutes avant le concert

LES MASQUES ET LA PLUME
Quand la musique baroque s’allie à la poésie d’un conte éternel… un temps poétique sur la légende de Pierrot et Colombine, accompagné d’œuvres choisies de Vivaldi, Corelli, Haendel, Bach et Pachelbel.
Bienvenue au cœur d’un songe poétique où la musique des XVIIe et XVIIIe siècles s’unit à la magie des mots. Les Masques et la Plume revisite avec une infinie délicatesse le mythe éternel de Pierrot et Colombine, inspiré ici par l’écriture imagée de Michel Tournier.
L’histoire s’ouvre dans un village paisible. Pierrot, le boulanger lunaire, façonne son pain dans la blancheur de la nuit en pensant à Colombine, sa jolie voisine. Mais cet équilibre fragile est bientôt bouleversé par l’irruption d’Arlequin, personnage flamboyant et voyageur, qui apporte avec lui les couleurs du théâtre, de la fête et du changement.
Ce triangle amoureux, tendre et universel, s’articule autour d’un somptueux dialogue artistique. La complicité du conteur Pascal Péroteau et la voix chaleureuse de la mezzo-soprano Dagmar Šašková guident le spectateur à travers les émotions des personnages. Pour leur donner vie, les musiciens menés par Anne-Violaine Fardet, tissent un écrin instrumental de premier ordre. La fougue de Vivaldi, la noblesse de Haendel, la rigueur expressive de Bach et la sérénité du célèbre canon de Pachelbel se répondent pour illustrer la nuit, le doute, la passion ou la réconciliation.
Un spectacle familial total, à la fois intime et grandiose, qui suspend le temps pour célébrer la beauté des notes et la force des mots.
L’équipe du festin : Mezzo-soprano – Dagmar Saskova, Conteur – Pascal Peroteau, Violon – Anne-Violaine Fardet et Zuzana Branciard, Alto – Kumiko Wada, Violoncelle – Gérard Llabres, Orgue/Clavecin – Didier Ledoux, Guitare – Mariam Fardet, Traverso – Pierre Fardet
SAMEDI 28 NOVEMBRE — 20h
Salon de l’Hôtel de Ville – Niort
Ouverture des portes et accueil billetterie 30 minutes avant le concert

CLÔTURE
Stabat Mater Españoles – 1752, une double dévotion à la Chapelle Royale de Madrid
Francisco Corselli (1705-1778)
José de Nebra (1702-1768)
Non pas un, mais deux Stabat Mater… L’audace de ce programme réside dans la confrontation de deux chefs-d’œuvre nés la même année, au cœur de la même institution, et pourtant restés de précieux secrets jalousement gardés au sein de la péninsule ibérique. En 1752, la Chapelle Royale de Madrid est le théâtre d’une émulation créative exceptionnelle. C’est là que Francisco Corselli, maître de chapelle d’origine italienne, et José de Nebra – l’éminent organiste et vice-maître espagnol, composent chacun leur propre vision de cette célèbre séquence médiévale.
Bien que la thématique soit par nature sombre — la déploration de la Vierge Marie au pied de la Croix et la lamentation du Christ embrassant le monde à travers son propre sacrifice —, la musique surprend par sa clarté. Nous sommes en 1752, à la charnière des esthétiques : le contrepoint sévère s’efface pour laisser place au style préclassique et à l’esthétique « galante ».
L’écriture instrumentale et vocale demeure ainsi étonnamment légère et fluide. Elle privilégie des tournures mélodiques simples, directes, presque théâtrales, héritées de l’opéra. Pour autant, la piété espagnole n’en perd pas sa force : sous la surface de cette apparente légèreté, Corselli et Nebra parsèment leurs partitions de raretés harmoniques saisissantes, de modulations inattendues et de dissonances expressives qui traduisent l’urgence et la douleur du texte.
Ce programme offre un voyage fascinant dans l’intimité spirituelle et musicale de l’Espagne des Lumières.
Il révèle comment deux géants de leur époque ont su transformer un texte de deuil en un moment de pure grâce suspendue.
12 Chanteurs et 7 Instrumentistes :
Soprani – Marie Chartier, Bénédicte Guillet, Caroline Pintoux et Marilys De Ledinghen; Alti – Laurence Blidach, Monique Page et Axelle Pringalle; Ténors – Pierre Fradet, Etienne Chretien et Emmanuel Julien; Basses – Laurent Simon et Olivier Metayer
Flûte – Céline Lamanda et Denis Ferre; Violon – Anne-Violaine Fardet et Zuzana Branciard; Alto – Béatrice Dental; Violoncelle – Gérard Llabres; Orgue Positif – Didier Ledoux
DIMANCHE 29 NOVEMBRE — 16h
Salon de l’Hôtel de Ville – Niort
Ouverture des portes et accueil billetterie 30 minutes avant le concert

